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L’Echo du Centre Pour l’instant, c’est l’heureuse surprise du festival. Il s’agit d’un moment intense, très beau et original. Avec lenteur, progressivement, les deux corps couchés se meuvent, se déploient. C’est le début d’un inextricable et fascinant corps à corps dont la chorégraphie de Pedro Pauwels crée de magnifiques instantanés esthétiques. Uniquement accompagnés par la lumières des projecteurs, les corps modelés glissent, se tendent, s’entremêlent, se relèvent, se figent, se jettent au sol…. : autant de mouvements, autant de clichés qui captivent le regard. Un dialogue muet et sensitif s’établit entre ces corps sublimés et le public. (…) Saluons la performance des danseuses, Francesca Bonato et Magali Bouze, de véritables athlètes, qui font preuve d’une concentration extrême, d’une parfaite complicité, distillant une formidable énergie intériorisée et contrôlée. Un spectacle ravissant. Jacques Morlaud La Quinzaine des spectacles Ce duo (…) appartient à ce que la danse apporte de plus intéressant aujourd’hui : une alternative à la narration et au regard. Les danseuses s’efforcent de faire sentir le réel aux spectateurs. De donner des clefs physiques pour appréhender le monde. Il y a loin des détours par la vidéo et les jeux technologiques. C’est le mouvement et la danse qui peuvent, seuls, permettre cette épistémologie de la sensation. Il n’est pas sans signification que le chorégraphe de Sens I soit aussi le danseur de l’indispensable Projet de la Matière (1993), d’Odile Duboc. C’est dans cette œuvre fondatrice que l’on peut rechercher la formulation de cette problématique passionnant : comment danser et partager une sensation. Contrairement à l’excitation puérile qui pousse à chercher le secours de nouvelles technologies, c’est souvent dans la simplicité que se trouve la réponse. Philippe Verrièle Mutations (Cameroun) Sur un fond de vrombissement de moteur, Francesca Bonato et Magali Bouze se déplacent dans le même sens, en diagonale. Sens I nous attache par le son. Des bulles de plastique crépitent sous la pression que les corps exercent sur la matière. Le public est saisi et retient sa respiration. Car, ici, les danseuses sont aussi les musiciennes. La danse au sol est lente et baigne dans la lumière. Les yeux mi-clos, comme en transe. Marion Obam |
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